En quoi le programme G5 est-il unique dans le paysage de la recherche en France, voire en Europe ?
Il est singulier car nous pouvons offrir de réelles opportunités à des jeunes
chercheurs
et
chercheuses, indépendamment des concours classiques (ndlr : de type CNRS). Cela signifie que nous
sélectionnons des jeunes scientifiques pour développer un projet de recherche et non pour occuper un
poste
vacant.
Ensuite, le fait de leur donner des moyens importants et de leur permettre de recruter leur
propre
équipe est assez unique. Il n’y a pas d’équivalent en France. En Europe, si on exclut la Suisse, seul
l’Institut Max Planck en Allemagne a un programme similaire.
Enfin, le niveau de notre investissement - imputé rappelons-le sur nos ressources propres-, pour créer
un
G5 est assez exceptionnel : 1,5 million d’euros, c’est à peu près le montant d’un ERC Starting Grant,
un
financement européen prestigieux ouvert à concours pour la création de jeunes équipes.
Au-delà des critères d’âge et d’expérience, que regardez-vous en priorité dans les candidatures ?
Nous sommes très attentifs aux programmes de recherche qui sont le plus en phase avec les priorités scientifiques de notre plan stratégique. Notre conseil scientifique évalue également la créativité du projet et tente de déceler quel sera son impact sur la science. Par ailleurs, lors des entretiens, les questions posées aux candidats ont pour objectif de savoir si leurs réflexions sont assez profondes pour alimenter leurs travaux et garantir ainsi leur réussite. Enfin, nous veillons à la parité hommes/femmes dans nos recrutements.
Vous avez reçu beaucoup de candidatures lors du dernier appel à projets G5 lancé en avril dernier. Pourquoi un tel engouement ?
En effet, nous avons reçu deux fois plus de dossiers que lors des précédents appels d’offres ! D’une part, cela s’explique par le contexte international : les financements et les recrutements ont ralenti un peu partout.
D’autre part, la situation aux Etats-Unis commence à décourager les jeunes scientifiques qui y travaillent, Américains, mais pas seulement. Beaucoup d’Européens partis là-bas pour leur postdoctorat et qui s’imaginaient poursuivre leur carrière outre-Atlantique, y renoncent devant la nouvelle volatilité des financements.
Mais il y a certainement d’autres sources de motivations : nos orientations stratégiques, indéniablement inspirantes, et un cadre de travail favorable, avec notamment un campus diversifié, des plateformes technologiques, des collaborations facilitées et l’accès au Pasteur Network, un réseau de plus trente instituts dans le monde.